Le Concile de Trente

La Contre-Réforme catholique
(Titien,1586)
   Ce concile fut convoqué par le pape Paul III suite aux demandes insistantes de Charles Quint pour répondre au développement de la Réforme protestante. Il s'est tenu en trois fois (1545-1549, 1551-1552, 1562-1563).
   Il devait permettre à l'Église d'opérer sa propre réforme et de réunir à nouveau les chrétiens. S'il eut effectivement le mérite d'abolir un certain nombre des abus de l'Église catholique et de réviser ses institutions, il aboutit plutôt à la séparation définitive des deux religions.
Une réaction tardive à l'apparition du protestantisme
   Déjà au XVe siècle s'était fait sentir la nécessité d'une réforme profonde de l'Église et de ses institutions, mais Pie II avait écarté l'idée d'un concile général en 1460, ce que confirma Jules II en 1512 au concile du Latran (les vrais problèmes soulevés par la réforme protestante n'y avaient pas été abordés). La volonté de l'Église était en fait de ne pas précipiter les débats, d'éviter un concile de crise et de mener au contraire des réformes réfléchies et profondes.
   En 1530, Charles Quint qui voyait son empire commencer à imploser sous l'effet des querelles religieuses annonça à la diète d'Augsbourg la tenu prochaine d'un concile. Craignant de se laisser dépasser, le pape Clément VII le convoqua peu après, mais sans préciser ni le lieu ni la date. Clément VII mourrut en 1534 et ce fut son successeur Paul III qui le fixa au 27 mai 1537 à Mantoue. Cependant le duc de Mantoue ayant imposé des conditions trop contraignantes, on le reporta tout d'abord à Vicence, puis finalement à Trente, petite ville épiscopale du Tyrol italien.

Sessions 1 à 8 (13/12/1545 - 17/09/1547)
   Le pape s'assura que le fonctionnement du concile lui permettrait de contrôler et d'orienter les délibérations comme il l'entendait. L'assemblée des évêques (en majorité italiens) n'avait qu'à approuver des décisions débattues et proposées par des commissions nommées par les légats du pape. Autant dire que le pontife contrôlait tout.

   Les premières sessions furent un échec en raison du décalage entre ce à quoi aspiraient les peuples et leurs souverains, et les sujets abordés par le concile. Les uns voulaient l'arrêt des abus de l'Église et des réformes complètes de ses institutions alors qu'on fit porter les discussions sur le choix des textes canoniques, sur la justification par la foi et sur les sept sacrements (mariage, baptême,...). En fait, l'Église précisait sa position face à la doctrine protestante d'une façon très tranchée, mais n'effectuait pas son autocritique. En 1547, les protestations répétées des prélats allemands envers l'autorité papale devinrent si violentes qu'elles amenèrent les légats à faire courir le bruit que la peste était aux portes de la ville, et qu'il fallait déplacer le concile à Bologne (qui bien-sûr se trouve plus au centre de l'Italie !). Charles Quint interdit à ses évêques de suivre le déménagement et faute de participants suffisamment nombreux, le pape dut prononcer la suspension du concile le 17 septembre 1549. Il mourut peu après.

Sessions 9 à 16 (1/5/1551 - 28/04/1552)
   Son successeur, Jules III fut prié par Charles Quint de rouvrir rapidement le concile, ce qu'il fit le 1er mai 1551. Les discussions portèrent sur l'Eucharistie, la pénitence, l'extrême onction, et sur des questions juridiques, tout en jetant l'anathème contre les thèses de Zwingli et Luther. A la demande de l'Empereur, quelques protestants furent invités et certains participèrent aux débats. La représentation de la Saxe arriva un peu plus tard avec à sa tête l'électeur Maurice de Saxe, mais contre toute attente, elle attaqua subitement les armées de l'Empereur qui dut prendre la fuite. Le concile fut dispersé et Charles Quint dut signer la paix de Passau, défavorable aux catholiques.

Sessions 17 à 25 (18/1/1562 - 4/12/1563)
   Le successeur de Jules III, le pape Paul IV se montra fort intransigent et le concile dut attendre l'arrivée de Pie IV pour reprendre. Le refut des protestants et des Français de participer à un concile qu'ils trouvaient trop lié à Rome retardèrent à nouveau le début des séances. Elles reprirent le 18 janvier 1562 et portèrent sur les livres défendus, la communion et le sacrifice de la messe. L'Empereur demanda l'abolition du célibat des prêtres et la possibilité aux laïcs de tenir le calice, mais ces questions furent renvoyées à l'arbitrage du pape qui bien-sûr y était opposé. Les séances suivantes traînèrent en longueur, nouvelle tactique de l'Église pour faire taire l'opposition. L'ennui et le découragement des participants permirent l'adoption facile de décrets relatifs au célibat des prêtres, sur le purgatoire, sur l'adoration des saints et le culte des reliques, sur le jeûne, etc... La fin du concile fut proclamée le 4 décembre 1562, et les décisions furent confirmées par le pape en janvier 1564.

Bilan
   Les résultats du concile ne furent pas ceux souhaités par l'Empereur et les peuples de l'Europe. Le retour des protestants au sein de l'Église était manqué, et au contraire l'opposition entre les deux religions s'était précisé. Cependant, le concile eut le mérite de fixer la doctrine du catholicisme et d'abolir un bon nombre d'abus. Ses décrets furent acceptés presque sans réserve dans tous les pays d'Europe.


FXC
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