Portraits croisés d'Érasme

par :
- Luther (contemporain réformiste),
- J. Huizinga (historien néerlandais),
- Léon-E. Halkin (biographe)


Luther (le contemporain réformiste) :
   « Je reconnais que tu es un grand homme, favorisé par des don les plus nombreux et les plus nobles. Pour n'en citer point d'autres, je dirais que tu es miraculeusement doué d'intelligence, d'érudition et d'éloquence.»
Luther (Dernières lignes du "Serf arbitre", 1525)


   « Je hais Érasme souverainement (...) Par mon testament, j'interdirai à mes fils la lecture des Colloques (...) C'est un Démocrite et c'est un Épicure ; c'est un subil railleur de la religion.»
Luther (extrait de "Propos de table", 1533)


Voir aussi le portrait de Luther par Érasme.

J. Huizinga (historien néerlandais) :
   « A la base de sa nature il y a, pour commencer par le plus facile, ce même besoin profond de pureté qui le poussa vers les sources de la science sacrée. Il exige, pour lui et pour les autres, la pureté qui le poussa vers les sources de la science sacrée. Il exige, pour lui et pour les autres, la pureté dans le domaine matériel et moral, toujours et en tout (...) Quand il nettoie sans répit sa langue et son style, ou quand il se défend d'avoir commis des fautes, il obéit à la même impulsion qui le pousse à désirer passionnément la propreté et la netteté, pour la maison, pour le corps (...) Erasme est, par toutes ses fibres, un délicat. Son corps l'y contraint. Il est très sensible, notamment aux refroidissements, "la maladie des savants" ainsi qu'il l'appelle (...). Dans sa mine aussi, il y avait des traits qui révélaient sa délicatesse. Il était de taille moyenne, bien bâti, blanc de peau, avec des cheveux blonds et des yeux bleus, un visage animé, un langage bien articulé, mais une voix ténue. Dans le domaine du coeur et du sentiment, la délicatesse d'Erasme se manifeste par son grand besoin d'amitié et de concorde, son aversion pour les brouilles.»
J. Huizinga (Erasme, Gallimard NRF p197-199)


Léon-E. Halkin (biographe) :
   « Bien qu'Erasme ne soit pas un auteur facile, son message est mieux perçu aujourd'hui que jadis. Malgré quelques interprétations aberrantes, notre siècle se sent accordé avec lui sur plusieurs points : sens d'une civilisation en péril, recherche fraternelle de la paix, formation d'un esprit européen, soucis d'une éducation rationnelle, culture classique, oeucuménique, réformes conciliaires et postconciliaires, enfin humanisme chrétien et christianisme critique.
   Surprenant, multiforme, inimitable, il n'y a qu'un Erasme. Il est toujours parmi nous.»
L.-E. Halkin (Erasme parmi nous. Fayard, p.435)



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