Titien

(Entre 1485 et 1490 - 1576)
Tiziano Vecellio, dit le Titien. Peintre vénitien.

Le Titien est né dans le village de Cadore sur la route commerciale qui mène à l’Allemagne. Son père est un notable. Vers le tournant du siècle (1499 ?), le Titien et son frère aîné sont envoyés par leur père commencer une formation de peintre chez Giovani Bellini à Venise, un grand maître. À partir de 1508, Titien collabore avec Giorgone. Le succès suit rapidement : l’aristocratie vénitienne recherche ses portraits. Son atelier personnel est créé vers 1514. Et vers 1516 il est nommé peintre officiel de la république, ce qui lui donne droit à une bourse annuelle et une exemption d’impôts, titre qu’il cherchera à conserver avec âpreté jusqu’à sa mort. À partir de 1524, Les ducs de Mantoue et de Ferrare deviennent ses clients. Début de la longue et fidèle amitié avec Le Poète l’Arétius. Il devient père en 1523 mais épouse la mère, Cecilia Soldano, en 1525 seulement. Elle lui donnera deux fils, Pomponio et Orazio avant de mourir en 1530. En 1527, une autre grande et longue amitié débute avec l’architecte Jacopo Sansonino. Le Titien, grâce à l’Arétius, prend contact avec la famille des Ausburg. En 1545-1550, le Titien part pour son seul et unique voyage commerciale, d’abord à Rome avec quelques toiles à finir devant quelques notables et artistes de la place. Il y rencontre Vasari, Michel-Ange (qui semble apprécier son style), le pape Farnese, et de quelques maniéristes. Il passe aussi par l'Autriche et est invité par Charles-Quint à faire de nombreux portraits. En 1559, son frère aîné qui collaborait toujours à l’atelier du Titien (en partie comme comptable) meurt. Ses amis aussi disparaissent peu à peu. Ses fils lui donnent des ennuis. Commencent alors à apparaître ses « nouvelles » peintures. Mais il meurt emporté par la peste (comme un de ses fils) en 1576. À noter , le passage de El Greco dans les dernières années à l’atelier. Mais ce dernier, trop turbulent et peu satisfait, repart vite.

Le Titien a eu une longévité exceptionnelle : près de 70 ans de croisière où il a pu « enterrer » tous ses rivaux. Ses débuts sont encore teintés de la peinture aimable de la renaissance : couleurs douces, claires et composition limpide quoique riche de symbolique. Il semble avoir réintroduit le paysage comme sujet de peinture en soi. Puis son style se rapproche des maniéristes sans toutefois tomber dans le piège de la surcharge systématique. Il recherche en revanche volontiers des effets violents : tempêtes ou éclairage, par le jeu des personnages habillés du fond et de la gratuité du nu du premier plan. On doit admettre sa grande maîtrise des couleurs. Il introduit sur la fin un style « inachevé » en brossant rapidement ses personnages par grosses touches. Ses détracteurs l’accusent de perdre la vue ou la sûreté du geste. Il est certain que la violence des couleurs le rapprochent du vieux Monet aveugle. Le Titien s’en est néanmoins défendu et on ne peut nier une recherche assez systématique et peut-être, trop en avance sur son temps.


Texte de FD
Retour à la page sur les Arts
Retour à la page sur l'Italie
Retour au sommaire principal