Sa vie:
Les du Terrail étaient une famille de nobles dauphinois, qui, depuis cinq générations, avait vu périr quatre de ses membres dans la guerre de cent ans. Un certain art de vivre et de mourir, et un sens aigu de l'honneur étaient donc des valeurs essentielles de cette famille. Pierre du Terrail naquit à Grenoble vers 1475.
Jeune page, il commença à s'entraîner dans les tournois, puis, de 1494 à 1524, Bayard s'illustra pendant trente ans sur tous les champs de bataille. Il fit " merveille d'armes " dans de nombreux affrontement liés aux guerres d'Italie, sous Charles VIII. Il participa à la bataille de Fornoue (1494) et à la difficile expédition des Pouilles, avant de s'illustrer de manière décisive en 1504 à la fameuse défense du pont de Garigliano. L'attention bienveillante d'Anne de Bretagne lui permit d'être introduit à la cour en 1505. En 1507, il força le passage des Apennins devant Gênes, et tente en 1510 d'enlever le pape Jules II. Blessé en 1512 à Brescia, il fut recueilli par un gentilhomme dont il sauva la maison du pillage et la femme du déshonneur. A Marignan, en 1515, pour le " grandement honorer ", François 1er voulu prendre " l'ordre de chevalerie de sa main ". En 1521, il défendit Mézière contre les troupes allemandes. Ensuite, son amitié avec le Duc de Bourbon le rendit suspect aux yeux du pouvoir, et il fut quelque peu mis à l'écart. Bayard fut mortellement blessé le 29 avril 1524, à Romagnano dans le Milanais, tandis qu'à l'arrière garde il couvrait la retraite de l'armée française. Sentant sa fin proche, il enjoignit ses compagnons à le quitter afin qu'ils ne fussent pas pris par l'ennemi.
Le mythe:
L'admiration que suscita le Chevalier de Bayard à la fois de son vivant et longtemps après sa mort peut être rapprochée de celle qu'inspirent les épopées de Jeanne d'Arc ou Du Gesclin. Bayard incarne le type du chef subalterne, qui n'a connu ni fonctions de marque, ni commandement en chef (bien que François 1er eût promis qu'il méritait " les plus hautes charges " ), mais dont la renommée historique dépasse pourtant de beaucoup celle de bien des personnages dont le rôle ou les charges furent en théorie plus importants. L'image classique attachée à Bayard est celle du parfait chevalier, qui sait non seulement combattre avec talent, mais aussi défendre les opprimés, et s'opposer au pillage des villes vaincues. En ce sens, il est quelque peu l'héritier d'une conception médiévale de l'honneur.
![]() |
Retour à la page sur la France Retour au sommaire principal |