Jérôme Cardan

Gerolamo Cardano (Pavie 1501-Rome 1576)
Philosophe, médecin, astrologue et surtout mathématicien italien


   Durant sa jeunesse à Pavie, Cardan fut initié aux sciences et aux langues anciennes par son père, puis il s'orienta vers la médecine, poursuivit ses études à l'université de Padoue et devint docteur en 1526. On lui refusa plusieurs fois le poste de professeur à l'université de Milan, surtout par jalousie de ses confrères. En 1534, alors qu'il pratiquait la médecine, il devint professeur de mathématiques dans les écoles "Piattine" de Milan. Sa renommée croissante lui permit finalement en 1539 d'enseigner à l'université de Milan. En 1543, il accepta la chaire de médecine de l'Université de Pavie.

   Cependant en 1560, un drame familial (son fils fut exécuté pour avoir assassiné sa femme) raviva les calomnies de ses ennemis, et en 1562 il préfèra s'exiler à Bologne pour y enseigner la médecine, protégé par le Cardinal Borromé.

   Cardan était bizarre et inconstant. Il donna aussi bien dans les mathématiques et la médecine que dans les croyances surnaturelles. Il édifia un système philosophique basé sur l'immortalité de l'ame. En 1570, il fut arrêté, traduit devant l'Inquisition et inculpé d'hérésie. Il perdit son poste, fut libéré sous caution mais fut interdit de publications. Sur les conseils de l'Inquisiteur, il se rapprocha du pape, obtenant même une pension du nouveau pontif Grégoire XIII. Réabilité parmi ses confrères médecins, il termina sa vie en écrivant son autobiographie, un ouvrage où il se livre entièrement, presque voyeuriste lorsqu'il aborde ses problèmes sexuels.

   En mathématiques, son nom est resté attaché à la résolution des équations du 3e degré, à côté de celui de Tartaglia dont il s'est vraissemblablement inspiré. Il joua probablement aussi un rôle important dans la résolution des équations du 4e degré, au côté de son disciple Luigi Ferrari. Avec Raphaël Bombelli, il fut à l'origine des nombres complexes, qu'il appelait "nombre impossible" et qu'il écrivait  (le symbole "i" apparut bien plus tard).

   En mécanique, il fut l'inventeur d'une pièce mécanique qui porte encore son nom : il s'agit d'une rotule qui permet à un corps suspendu de garder une direction fixe malgré les mouvements du support, en particulier pour les boussoles dans les navires.

(Ne pas le confondre avec les mathématiciens français Elie Cartan (1869-1951) et Henri Cartan).


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