Les galères
au XVIème Siècle


La galère a été le principal navire de combat sur la Méditerranée pendant des millénaires. Seule, l'apparition de l'artillerie lourde détrôna les combats traditionnels d'infanterie et, à long terme, signifia la fin du règne des galères. Elles furent cependant encore utilisées jusqu'au 19ième siècle. Le dernier grand combat de galères fut la bataille de Lépante.

La galère est un navire fin qui craint les coups de vent. Il ne peut donc être utilisé qu'en période de beau temps, c'est-à-dire, pendant la belle saison d'été.

Il est propulsé par des rameurs, qui, selon les pays et les moyens, étaient des prisonniers de guerre, des renégats, des esclaves ou des hommes libres. La technique du navire a très peu évolué depuis l'antiquité. Une faible voile aidait à la navigation. La voile carré de l'antiquité fut remplacée par la voile latine qui permet de prendre le vent de toutes les directions. Le système des multiples rangs de rames, tradition de l'antiquité, fut abandonné au profit d'un seul de rang de grosses rames actionnées par plusieurs hommes.

Rameurs et soldats sur une galère
Les rameurs sont trois par rame. Le garde-chiourme excitait de son fouet les rameurs. Il plaçait les hommes libres au plus près de la coursive, au bout de chaque rame, pour éviter qu'un des prisonniers ou esclaves ne le prenne par les pieds et l'entraîne sous le banc où le pire pouvait l'attendre. Tous les rameurs étaient entravés par des chaînes. Ils devaient donc dormir comme ils le pouvaient sur le banc la tête contre la rame ou sous la rame. L'odeur sur une galère était épouventable car les rameurs devaient déféquer sous les bancs. Une galère était ainsi repérable à 5 milles à la ronde grâce à son odeur. 30 à 90 soldats d'infanterie montaient sur une galère en fonction de son importance. Pendant les combats, les soldats s'échangeaient des tirs d'arquebuses ou d'arbalètes. Lorsque le capitaine manoeuvrait astucieusement, il arponnait de la proue le navire ennemi, et l'infanterie utilisait alors cette faible passerelle pour donner l'assaut. Les rameurs ne pouvaient que se blottir sous les bancs et les rames tandis que les soldats amis ou ennemis marchaient sur leur dos. N'ayant aucune protection, les rameurs étaient très exposés. De plus, si le navire coulait, les rameurs coulaient invariablement avec lui. On comprendra que ce type de combat donnait lieu à des pertes en vie humaine effroyables.

Nourriture
Sur la plupart des navires chrétiens et turques, la nourriture des marins et des soldats est uniquement composé de biscuits qui sont cuits avant le départ. Le biscuit remplace le pain de la terre ferme qui se détèriorerait trop vite en mer. Toutefois le repas était servi de préférence la nuit, afin que le mangeur ne voit pas trop les possibles dégats causés à la nourriture. Il est probable que les razzias permettaient d'améliorer l'ordinaire.

Nouveauté lors de la bataille de Lépante: La galéasse C'est une invention des vénitiens, une galère sur laquelle l'artillerie lourde prend place (jusqu'à une trentaine de pièces) et qui donna l'avantage au camp chrétien pendant la bataille de Lépante. Mais son poids la rend très difficile à tirer par ses propres rameurs, d'où une absence totale de mobilité et donc de manoeuvrabilité. En pratique, les plus lourdes étaient remorquées par les autres galères.


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FD