L'Invincible Armada
1588

Formation de navires de l'armada. Galions en arrière plan et une galéasse au premier plan.

Contexte et prépararion
L'expédition est organisée par Philippe II à la suite des attaques incessantes et de plus en plus ambitieuses des corsaires anglais (Drake ravage les ports du nouveau monde espagnol en 1585). Ceux-ci ne s'attaquent plus seulement au luxurieux commerce des colonies mais maintenant à la métropole même. Philippe se doit aussi de venger au nom de l'Europe catholique le meurtre de Marie Stuart par Elisabeth Tudor. Dans l'Europe marquée par les guerres de Religion, Philippe semble mener une guerre ouverte contre le protestantisme anglais, comme il en mène une déjà dans les Flandres.

Une armée de débarquement accompagne la flotte et doit se rallier aux forces catholiques encore présentes en Angleterre pour renverser Elizabeth Tudor. 150 navires forment l'armada, en partie vaisseaux de guerre et en partie navires de commerce réquisitionnés pour le transport. Au total, 30000 hommes participent à l'opération. Depuis l'annexion du Portugal, Philippe dispose d'une flotte de guerre très imposante. Des navires de Naples se joignent aussi, peut-être des galères. Le commandemment est assuré par le duc Medina Sidiona. Les forces du duc de Parme, stationnées dans les Flandres doivent se joindre à la flotte de débarquement.

Les Anglais ont eux aussi eu le temps de se préparer en construisant de nouveaux navires et en rassemblant leurs meilleurs marins. Citons pêle-mêle: Drake, Hawkins, Frobisher, Howard.

Après près d'un an de retard dans l'organisation (Drake avait désorganisé les préparatifs espagnols en attaquant Cadix en avril 1587), la flotte quitte Lisbonne en mai 1588. Elle réarme à Corcinne puis part pour de bon vers le 20 juillet. Les Anglais la repèrent au large de Plymouth (29juillet) et Drake attaque les arrières. Mais le vent est favorable aux Espagnols et leur formation tient le choc. Après ce premier affrontement l'armada jette l'ancre devant Calais (7 août), où conformément aux ordres de Philippe II, elle attend l'arrivée des troupes du duc de Parme. Celui-ci tarde à être au rendez-vous, la flotte se trouve très exposée, d'autant plus qu'aucune base dans les Flandres espagnoles n'a été assurée.

8 août, bataille des Gravelines
Dans la nuit qui suit, les Anglais lancent des navires incendiaires. Les Espagnols évitent la catastrophe et coupent leurs amarres. Au matin, ils se retrouvent désorganisés face à l'artillerie plus puissante des Anglais et ne peuvent s'approcher suffisamment des navires ennemis pour les prendre d'assaut (vieille tactique des galères). Les deux flottes se séparent à la nuit tombée, chacune ayant épuisé ses munitions. Les Espagnols se croient perdus s'ils ont à affronter un deuxième assaut anglais. Leur deuxième frayeur leur est causé par les vents qui les poussent vers les bancs de sable et ils y échappent de justesse.

Au lendemain, les vents contraires refoulent la flotte espagnole vers le nord, sans avoir réussi à contacter le duc de Parme. Les Anglais abandonnent la chasse à la hauteur de l'Écosse. Au Nord de l'Écosse, Sidiona rassemble l'armada. Celle-ci est en piteux état mais a conservé son nombre. Il attend des nouvelles de Flandre. Il sait aussi qu'il n'est pas en force pour repasser par la Manche.

Ce sont finalement les tempêtes de l'Atlantique qui délogent la puissante armada. Les navires sont coulés ou échoués et seulement 65 navires reviennent finalement à Lisbonne (13 septembre) en faisant le grand tour par l'ouest de l'Irlande. La mer fut plus meurtrière que les Anglais.

Philippe ne se décourage pas. L'année suivante, c'est une centaine de navires qui repartent pour la Manche, mais le mauvais temps les fait rebrousser chemin avant d'avoir atteint Plymouth.

La puissance maritime espagnole n'a donc pas disparu dans les suites immédiates de la défaite de la grande armada. Elle se survivra encore un bon demi-siècle. Mais la puissance anglaise est démontrée et s'en ira croissante. Les navires changent. Les navires anglais sont plus fins, plus manoeuvrables, emportent une artillerie plus lourde. C'est la fin du galion espagnol.

NB: Les dates correspondent au calendrier grégorien (i.e. espagnol). Les Anglais n'ayant pas suivi la réforme de 1582, ils considéraient qu'ils étaient le 29 juillet 1588 lors de la bataille de Graveline (8 août).


FD

Retour au sommaire de l'Espagne
Retour au sommaire de l'Angleterre
Retour au sommaire du XVIème siècle