Philippe II

(Valladolid 1527-l'Escurial 1598)
Roi d'Espagne de 1555 à 1598. Personnage intransigeant et fervent défenseur du catholicisme.

Le personnage:
    Il fut le fils de Charles Quint et d'Isabelle de Portugal. En 1543, alors qu'il avait seize ans, son père lui fit épouser Marie de Portugal qui ne survécut pas à sa première couche. On le maria alors en 1554 à sa tante Marie Tudor, reine d'Angleterre. Partout où il allait, sa gravité précoce, son inflexibilité et sa prédilection pour son entourage espagnol (notamment le duc d'Albe) lui attiraient l'aversion durable de ses sujets. En Allemagne, son père chercha vainement à lui concilier les suffrages des Electeurs à la diète de Ratisbonne (1550). Et en Angleterre, alors qu'il était marié à la reine, le parlement prit toutes les précautions pour lui interdire une participation aux affaires du royaume.
La poursuite de la lutte contre la France:
    Après l'abdication de Charles Quint en 1555, Philippe II continua la lutte contre la France d'Henri II alliée au pape Paul IV. Il chargea le duc d'Albe d'envahir les états pontificaux et accompagna son cousin le duc de Savoie sur le sol français à la bataille de Saint-Quentin (1557). Cependant le monarque se montra plus dévot que brave et passa en prière le temps de la bataille. Ce fut en l'honneur de cette victoire qu'il fit ériger le magnifique palais de l'Escurial. Victoire restée sans lendemain. Par superstition sans doute, il signa avec le pape une paix qui lui était défavorable, tandis que la prise de Calais par le duc de Guise abrégeait les jours de la reine Marie (1558). Peu après, las de cette guerre interminable avec la France, il signa la paix du Cateau-Cambrésis (1559). En vertu d'une des clauses, il épousa la princesse Elisabeth, fille du Très Chrétien, promise initialement à son fils.
"Mieux vaut être souverain sans sujets que de régner sur des hérétiques":
    En Espagne comme dans les Pays-Bas, Philippe II ne toléra aucun mouvement réformé. En 1559, l'inquisition réduisit deux foyers calvinistes à Valladolid et à Séville. Dans les Pays-Bas où son père avait pourtant fait preuve de tolérance, il établit également un tribunal de l'inquisition assisté d'une armée de soldats étrangers. En réponse à la noblesse flamande qui se plaignait de la dureté de son délégué, le cardinal Granvelle, il envoya le duc d'Albe qui dut exécuter des mesures autrement plus violentes (1567). Ces excès décidèrent les Flamands à combattre pour une cessession définitive.
    Dans le même temps à Grenade, les Maures dont on voulait de force convertir les enfants au christianisme, se révoltèrent (1568). Ils organisèrent une armée qui se cachait dans les montagnes, mais furent dispersés par les troupes du frère du roi don Juan d'Autriche en 1570.
La bataille de Lépante (1571):
    Pendant ce temps, le Turc, aidé de ses corsaires, étendait son empire méditerranéen vers l'occident et devenaient un réel danger pour le monde catholique. Philippe II répondit à l'appel du pape Pie V pour constituer avec Venise une gigantesque flotte baptisée Sainte-Ligue qui devait mettre un terme à la progression de l'armada turque. La victoire fut éclatante et don Juan d'Autriche qui dirigeait l'expédition, fut récompensé par l'investiture du gouvernement des Pays-Bas (1576).
L'unité de la péninsule:
    En 1580, à la mort du roi du Portugal Henri le Cardinal, deux prétendants s'affrontèrent: Philippe II par sa mère, et dom Antoine, bâtard de la famille royale portugaise. Ce fut ce dernier qui fut proclamé roi, mais le monarque espagnole envoya le duc d'Albe envahir le royaume. Malgré son impopularité, les Cortes de Tomar furent contraint de le reconnaître souverain (1581). Il venait de réaliser un rêve vieux de cent ans: unifier la péninsule. En recevant du même coup les colonies portugaises, il constituait un empire sur lequel "le soleil ne se couchait jamais".
L'Invincible Armada:
    La haine d'Elisabeth d'Angleterre à l'égard de Philippe II la fit mener une guerre de harcèlement. Elle s'allia aux Provinces Unies, le nord des Flandres, qui venaient de réussir leur cessession et envoya son navigateur Francis Drake ravager les possessions espagnoles d'Amérique. Philippe II pour se venger, fomenta une insurrection en Irlande, puis il conçut le projet de détrôner Elisabeth et d'y faire couronner Marie Stuart. Mais cette dernière qui était emprisonnée fut décapitée sur l'ordre de la reine (1587). Philippe II se décida à envahir l'Angleterre et arma à ses frais une armada qu'il nomma l'Invincible. La flotte quitta Lisbonne et La Corogne et se dirigea vers les Pays-Bas où devaient embarquer les troupes d'Alexandre Farnèse, successeur de don Juan d'Autriche. La destruction presque totale de l'escadre au large de Calais, due aux éléments non moins qu'à l'audace des marins anglais, porta un coup mortel à la puissance espagnole (1588).
L'affaiblissement du royaume et la paix de Vervin:
    La fin du règne de Philippe II fut marquée par un essoufflement de la puissance espagnole. Dans les guerres de religions qui divisaient la France, Philippe II prit le parti des catholiques de façon à éviter toute infiltration huguenote à travers les Pyrénées. A la mort d'Henri III qui n'avait pas d'héritier direct, il prêta à la Ligue une coopération active contre Henri de Navarre. Mais les Parisiens hostile aux vues de l'Espagnol reconnurent Henri IV pour roi. En Espagne, les Anglais alliés aux Hollandais avaient réussit à prendre le port de Cadix. Aussi, accablé par tant de revers, Philippe II conclut la paix de Vervin en 1598, dans laquelle il restituait à la France la plupart des places conquises et abandonnait la Belgique.
La même année, le 13 septembre 1598, Philippe II s'éteignit au monastère de l'Escurial après presque un demi siècle de pouvoir absolu, qui avait semblé interminable à ses ennemis.


Texte écrit par FXC
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